• Max & Mama

Ushuaia, la Terre de Feu

La Patagonie... Ses montagnes, ses lacs, sa pampa, ses animaux, son silence et sa sérénité... Cette destination en fait rêver plus d’un, n’est-ce pas ? Mais savez-vous réellement ce qu’est la Patagonie ? Ces quelques premières lignes vous permettront sûrement d’en savoir un peu plus sur cette Terre du bout du Monde.


Tout d’abord, d’où vient le nom de « Patagonie » ? Deux hypothèses existent. La 1ère serait que l’explorateur Magellan, un des premiers occidentaux à mettre pied à terre dans cette partie du monde, aurait été surpris face à la force et la pointure des mocassins portés par les indiens de l’époque. C’est pourquoi il cria « Ah ! Patagon ! » qui voudrait dire « grand pied » en ancien espagnol.

La deuxième hypothèse, que Marion et moi préférons, est tirée du roman « Primaleon de Grèce ». L’histoire se situe sur une île lointaine, habitée par un monstre à la tête de chien, nommé « le Grand Patagon ». Ce roman est publié en 1512, soit 7 ans avant le départ de Magellan. Ce dernier, une fois arrivée au Sud de l’Argentine, découvrit alors les indiens tehuelches, grands, costauds, et surtout coiffés de masques... à tête de chien. Il se pourrait donc que face à cette découverte, il reprit le nom du monstre du roman évoqué ci-dessus pour nommer ce territoire appelé aujourd’hui Patagonie.


La Patagonie s’étend de Ushuaia (plus précisément de l’île du Cap Horn) au Rio Colorado, à quelques centaines de kilomètres au-dessus de Bariloche. Cet immense territoire compte 1 habitant au kilomètre carré. Soit juste un peu moins qu’en Chine. Petite pointe d’ironie, bien sûr.


Avec Marion, nous pensions et espérions voir quelques indiens. Mais, ça sera malheureusement compliqué... Puisqu’il n’y en a quasiment plus.

Au XIXème siècle, des éleveurs britanniques s’installèrent et créèrent d’immenses « estencias », terrains propices à l’élevages, notamment de moutons. La cohabitation avec les indiens fût de courte durée. Ces derniers, habitués à chasser lamas et autruches, eurent pour idée de diversifier leur repas et de chasser les moutons. Furieux, les rosbifs décidèrent d’engager des chasseurs, payés à la paire d’oreilles rapportées (paire d’oreilles d’indiens, bien sûr...). Outre les indiens kidnappés pour être exposés aux différentes expositions universelles, 90% des Ethnies disparurent.


Le 11 Février, Marion et moi arrivons à Ushuaia, ville la plus australe du Monde (chose dont laquelle ils sont visiblement fiers, car on peut voir écrit partout « fin del mundo ») et porte d’entrée vers l’Antarctique et le pôle sud ! Wahou, franchement ça fait rêver. D’ailleurs, pour la petite histoire, j’ai eu l’envie de me renseigner sur les expéditions proposées pour l’Antarctique depuis Ushuaia. Bon, j’ai vite compris que ce ne serait pas pour cette fois. L’expédition la plus courte, soit 10 jours, est accessible pour la maudite somme de 5 000 euros par personne. On va peut-être travailler un peu avant d’envisager cette petite escapade sûrement très sympathique.

Bref, nous y voilà, enfin. Il fait froid, il y a du vent, nous sommes à bon port.


Ushuaia signifie « baie vers l’Ouest » pour les fameux indiens Yamana. Jusqu’en 1862, aucuns occidentaux y habitaient. Puis, le gouvernement argentin décida de récupérer Ushuaia et la Terre de feu. Petite parenthèse, mais qu’est-ce que la Terre de Feu ? La Terre de feu est la partie Sud de la Patagonie, sa superficie étant équivalente à l’Irlande. Donc, au Sud de la Patagonie il y a la Terre de feu, et au sud de la Terre de feu se trouve Ushuaia. Si vous décidez d’en faire votre future destination de vacances, ne vous attendez ni à voir du feu, ni à une grosse chaleur ! Si ce territoire s’appelle ainsi, c’est « grâce » à notre ami Magellan qui, arrivant en 1520 par bateau, vit au loin de grands feux de camps que les indiens Yamana faisaient pour se réchauffer (il faut savoir que ces indiens vivaient nus, et quelques soit la période). Alors, il dénomma cette partie de la Patagonie la Terre de feu. On referme la parenthèse.


En effet, le gouvernement argentin décida de récupérer cette partie du territoire, afin d’y envoyer ses prisonniers les plus dangereux, à l’image des bagnes britanniques en Australie. De là, impossible qu’ils s’échappent ! Les 1er colons d’Ushuaia seront donc des prisonniers. Beaucoup de marketing est d’ailleurs réalisé dans le centre d’Ushuaia à ce sujet : vente de tenues d’anciens prisonniers, musée d’anciens prisonniers, statuts...

C’est donc autour de la prison que la ville se « développa » (ou s’occidentalisa) à la fin du XIXème siècle, avec de nombreuses maisons construites en bois à l’époque, aujourd’hui majoritairement remplacés par de la tôle, et du béton. Un peu moins charmant, disons.


Ushuaia, très connue en France grâce à notre cher Nicolas Hulot, n’est pas une ville époustouflante en soi. Le centre-ville est agréable de par sa rue principale composée de nombreux restaurants, pubs et boutiques, mais le reste n’a rien d’exceptionnel, sans parler du fait qu’il y ait beaucoup de touristes. En revanche, la ville est entourée d’eau et de montagnes, ce qui n’est pas désagréable à regarder. De nombreuses activités touristiques y sont proposées, toutes très onéreuses.




La Laguna Esmeralda


Pour notre 1ère journée pleine sur Ushuaia, nous décidons de partir en randonnée. Nous nous éloignons alors du centre-ville, et commençons à marcher, 18km plus loin. Au bout de seulement 10 minutes de marche en pleine forêt, la nature nous offre un point de vue magnifique, donnant sur une chaine de montagnes encore un peu enneigée. Nous marchons durant 5km, traversant vallées, cours d’eau et forêts, et arrivons à la Laguna Esmeralda. Un magnifique lac couleur émeraude, entouré de montagnes. Nous y restons une petite heure pour profiter de l’endroit. Sur le chemin du retour, nous avons la chance de croiser un renard roux qui, n’ayant visiblement absolument pas peur de l’homme, passera à quelques centimètres de nous. La balade n’excédera pas les 11km, juste de quoi nous mettre en jambe pour la suite.



Barrage de castor, parasite de Patagonie...




El Parque Nacional Tierra Del Fuego


Le parc national de la Terre de Feu fait partie de ces endroits paradisiaques pour les amateurs de randonnées et de nature.


Des traces humaines, datant d’il y a plus ou moins 10 000 ans, ont été retrouvées sur la Terre de Feu. Plusieurs Ethnies indiennes en avaient fait leur territoire, notamment celle dénommée « Ethnie Yamana », malgré les conditions environnementales pour le moins inhospitalière : preuve de leur relation ancestrale avec la nature. Ils se déplaçaient avec l’aide de petites barques, et chassaient les lions de mer pour se nourrir. Les moules de bord de mer et les fruits de la forêt complétés leur repas. Puis, l’homme occidental arriva dans les années 1850 comme vu précédemment, et commit un génocide dont on ne parle pas, ou trop peu. Pour chiffrer ce que l’on avance, on estime à 3 000 le nombre d’indiens vivants sur ce qu’on appelle aujourd’hui le « parc national » (définit comme parc depuis 1960) avant l’arrivée des british. En 1920, il n’en restait plus que 100.


Ce parc est le seul en Patagonie à avoir une côte maritime. Il possède une végétation fascinant tous les spécialistes, et un grand nombre d’oiseaux pour un petit nombre de mammifères, tel le renard roux. En revanche, ce parc et la Terre de Feu en général font face à un problème majeur depuis quelques années : le castor. Introduit il y a 50 ans par l’homme pour sa fourrure, le castor s’est développé à une vitesse beaucoup plus importante que prévu, et provoque de nombreux dégâts environnementaux.


Quatre sentiers d’au moins 10km sont conçus dans le parc pour les randonneurs. Marion et moi choisissons le sentier Costera, le seul à longer cette côte maritime juste sublime. Un bus nous dépose à un point s’appelant « Ensenada Zaratiegui », qui de suite nous montre l’envers du décor. C’est de là que nous commençons une de nos plus belles randonnées.





Après 8km, nous nous arrêtons manger notre pique-nique face à un point de vue que l’on vous laisse admirer juste en-dessous.


Nous continuons 2km plus loin pour atteindre le bout du sentier. Pas rassasiés et encore plein d’énergie, nous continuons notre balade sur 5km, poussant jusqu’au Quai Arias, offrant plusieurs très beaux points de vue sur la baie Lapataia.



Nous passons notre dernière soirée dans un des pubs irlandais les plus authentiques d’Ushuaia, avec une bonne bière locale pour nous récompenser de nos 26km de marche des 48 dernières heures.


Demain, 20 heures de bus nous attendent pour rejoindre El Calafate. Il faudra s’armer de patience.

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© 2019 par Max & Marion

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